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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:20

Le recyclage des matières premières n'a pas attendu la mode de l'écologie pour devenir une pratique courante dans la confection des vêtements.

Dans les pays pauvres, compte tenu de la pénurie des matériaux et de l'indigence des populations, recycler est une nécessité qui démontre la plupart du temps l'ingéniosité de ceux qui la pratiquent.

Dans le monde occidental post-industriel, le réutilisation des tissus a toujours existé dans les foyers, même en dehors des périodes de guerre. Par souci d'économie, par refus du gâchis ...

Personnellement, je me souviens du temps où certaines ménagères transformaient leurs anciennes robes pour les remettre au goût du jour, de même qu'elles détricotaient d'anciens chandails pour en tricoter de nouveaux.

A cette époque, on ne parlait pas de "vintage" mais de "fripes"  qui avaient pour clientèle des personnes désargentées, aussi bien que des amateurs des modes passées.

Depuis les années 70, la défense de l'environnement a pris une telle ampleur que le recyclage est devenu un état d'esprit.

 

recycler

 

Compte tenu de cette prise de conscience générale, de nombreux créateurs ont intégré le recyclage dans leur mode de fabrication. De nombreux exemples peuvent être cités, dont :

Le Malien Xuly Bët (http://www.xulybet.com/go.php), par exemple, a fait de la réutilisation de matières chinées ça et là sa marque de fabrique depuis 1989 !

En1993, la Québécoise Mariouche Gagné a créé la marque Harricana (http://www.harricana.qc.ca/fr/) et offre une seconde vie aux anciens manteaux en réutilisant la fourrure qui les compose.

La mode du DIY(Do it yourself) surfe également sur la vague du recyclage et ses adeptes font preuve d'une créativité certaine, et parfois de prouesses techniques.

Quand cette tendance s'associe à l'industrie du luxe, il y a de quoi être intrigué !

C'est d'abord, la marque From Somewhere (http://www.fromsomewhere.co.uk/) créée en 1997 qui fabrique des vêtements en utilisant les chutes et les surplus en provenance de l'industrie du luxe.

Depuis 2009, la maison Yves Saint Laurent, sous l'impulsion de son directeur artistique Stefano Pilati, propose chaque année des collections capsules (en editions limitées et numérotées) baptisées New Vintage, fondées sur le recyclage des tissus non utilisés des collections passées.

En 2011, c'est au tour de la maison Kenzo de se lancer dans l'aventure du recyclage de ses anciens tissus, avec la collection Kenzo Doll, destinée à ses jeunes clientes et vendue à des prix abordables (de 150 à 250 euros).

Aujourd'hui donc, les valeurs sont inversées. On ne parle plus de "recycling" mais de "upcycling" (recyclage à valeur ajoutée offrant ainsi une seconde vie à un vêtement, tout aussi noble que la précédente).

On ne recycle plus par nécessité mais par conscience comme par choix. Mais on ne travaille que des pièces ou des matériaux de qualité, alors que les classes populaires sont, quant à elles, contraintes au renouvellement fréquent de leurs vêtements, puisque la faible qualité de ces derniers exclut toute longévité.

Alors que penser quand un géant mondial du prêt-à porter cherche également à surfer sur cette vague ?

Très prochainement, le suédois H&M va recycler les nombreux invendus de sa collaboration avec Lanvin pour créer la collection WASTE en édition limitée et distribuée uniquement dans certains points de vente ...

Sous un discours écolo-responsable, il est clair que cette initiative ne vise qu'à écouler les stocks et réduire les pertes occasionnées par une collaboration qui s'est avérée pas si fructueuse que ça !

 

 

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